Comme des grands !
Par Matthieu Terrats "lindep"
Un stade Gilbert-Brutus qui s'embrase, des flammes qui dansent aux quatre coins du terrain et un adversaire (Warrington) qui a vu son étiquette de favori partir en fumée : les Dragons ont assommé à coup d'arguments-massues les plus coriaces des sceptiques. Mettant à leurs pieds les Wolves et leurs chefs de meute farcis de testostérone (Carvell, Morley, Westwood), tous repartis du temple la queue entre les jambes. Quel match ! Quelle fête ! Quelle équipe ! Hier après-midi, l'armada drivée par Trent Robinson a pris conscience de sa puissance de feu. Avec un Dureau sur une jambe (touché au genou droit), un Menzies (auteur d'un doublé) d'une terrible efficacité en bout de ligne, sans oublier le cornac Henderson et un Pryce qui se fait une place dans le système de jeu catalan à mesure que les semaines défilent. Sans parler, enfin, d'un six de devant impérial, qui étouffait d'entrée son vis-à-vis dans la fournaise du Haut-Vernet.
La preuve par trois
Deux essais en sept minutes (signés Paea, 5e, et Bosc, 7e), le tout pour une entame parfaite jouée à 100 miles à l'heure. "On a réalisé un bon début, soulignait après coup l'entraîneur perpignanais, Trent Robinson. Mais en fin de première mi-temps, on a été maladroit au niveau du rythme de nos séries. On aurait dû les construire un peu mieux". Soit, ne pas laisser Warrington espérer après les essais d'Higham (16e) et Riley (33e). Ne pas contraindre, non plus, les Catalans à un deuxième coup d'accélérateur signé Menzies (27e) et Anderson (78e), avant la sirène (22-12 à la pause).
Comme ces efforts surhumains réalisés en défense dans le deuxième acte (lire par ailleurs). Synonymes de remparts dressés devant l'en-but 'sang et or', sur lesquels les Wolves se cassaient les crocs.
La rampe de lancement idéale pour les flèches catalanes. Dureau atteignait le premier la cible, servant Sa sur un plateau (52e). Puis Millard s'offrait l'essai de l'après-midi en même temps qu'il mystifiait Hodgson d'un 'cad-deb' somptueux (72e). Les Dragons s'envolaient à toute vitesse vers un succès retentissant. Sa réalisait le doublé (75e), tout comme Menzies (78e), sur un côté droit faiseur de miracles. Pendant que Mounis (62e, sur Westwood) et consort multipliaient les tampons. Et que Dwyer réduisait la marque (80e)... pour l'anecdote.
Un détail par rapport à l'info du jour : une troisième victoire (44-16) des Dragons en autant de matches (après Widnes et Londres). La preuve par trois de leur immense potentiel cette saison.
Trois, encore, comme la place qu'ils occupent actuellement au classement. Sur les talons de Wigan (2e) et Huddersfield (1er). Avec un match en moins. Un rythme de champion.
Une défense à double tour
Par Bruno Onteniente "lindep"
La défense, cheval de bataille de Trent Robinson, a offert de sérieuses garanties.
Warrington, roi de l'offensive, équipe ambitieuse et instrumentée par bon nombre d'internationaux anglais s'est heurté à l'épaisse défense "sang et or" hier dans un Gilbert-Brutus chaud bouillant.
Mais les Dragons ont aussi fait preuve de réalisme et de discipline. Warrington a concédé douze pénalités contre sept pour les Dragons. Preuve aussi que les Catalans étaient dans d'excellentes dispositions physiques. Warrington a donc souffert avant de craquer, concédant huit essais.
La défense, cheval de bataille de Trent Robinson depuis cet hiver a donc offert de sérieuses garanties d'efficacité avec trois Wolves plaqués dans l'en-but et mis sur le dos. Signe fort, d'une présence de tous les instants. L'ailier Thomas Bosc y a grandement contribué : "On a défendu pendant un long moment sur notre ligne en seconde période sans craquer".
Robinson : "La défense, notre plus grand exploit"
Trent Robinson qui a apprécié parle d'exploit : "Notre défense c'est le plus grand exploit, et je félicite le staff médical et les préparateurs, qui, entre jeudi et ce match, ont fait un travail énorme pour que les joueurs soient sur pied".
Il est vrai que l'équipe qui vient d'avaler trois matchs en neuf jours a puisé au plus profond. Les Dragons ont aussi fait preuve de solidarité à l'image d'Ian Henderson, tour de contrôle en attaque et pierre angulaire de la défense : "On a travaillé ensemble, les uns pour les autres, sans rien lâcher", lâche-t-il au terme des débats.
Warrington a insisté dans l'axe, en vain. Trent Robinson voulait que les Wolves se sentent frustrés, c'est chose faite : "On n'a pas vu le meilleur Warrington aujourd'hui (hier), mais c'est aussi à cause de nous. Je pense que notre point fort c'est notre physique, celui qui nous permet de tenir le coup en défense".
Même son de cloche de la part du troisième ligne Jason Baitieri, encore exemplaire hier : "Il y a un lien fort entre nous, surtout dans cette période et on a progressé ces dix derniers jours. On est très solidaires, déterminés et on bosse ensemble".
Après une première tranche de Super League engloutie, la défense des Dragons sera soumise à rude épreuve dimanche prochain à Hull KR, et en Cup cette fois.