La médaille, tous et toutes en rêvent depuis des années, des mois, mais pas n’importe laquelle ; l’or évidemment. Et quand le but ultime est conquis, ils la croquent pour se convaincre d’avoir réussi, après avoir laissé quelques larmes sur le podium pendant les hymnes. Mais pour cela, que de renoncements, que d’efforts sur les corps, ces corps qui se disloquent, ces articulations qui s’abîment, ces muscles qui se tendent, et souvent après tant d’abnégations, le petit dixième de seconde qui manque, pire, le doute, la chute que l’on n’avait pas invitées dans ce manège, et parfois même le renoncement au pied du graal qui se gagne par le mental, car le corps ne fait qu’obéir à la volonté qui reste maîtresse jusqu’à la fin.
La fin déjà, comme si elle existait, mais ce n’est qu’un rêve, car le sport n’est jamais terminé, la médaille est là, la gloire aussi, mais après la clôture des jeux, ils pensent déjà aux autres combats, aux autres compromis, aux autres renoncements qui vont suivre, malgré la souffrance, les efforts, les actes manqués, parce que c’est leur vie, tout simplement.